Inys - Noir sur blanc, à titre posthume
Chronique CD | 17/06/09 - 16:01 | Par Thom |
Après un premier effort en 2008, le nouveau et dernier album d'Inys (comme son titre l'indique) arrive enfin après un long combat pour le sortir. Entre temps, les Chambériens se sont séparés et cet album est devenu leur testament.
Il est toujours délicat de chroniquer l'album d'un groupe de potes. On se demande si on ne va pas refiler le bébé à un autre de l'équipe puis finalement on s'attelle à la tâche parce qu'on est le mieux placé pour en parler.
Je m'attarde sur l'objet d'abord : belle pochette réalisée à l'atelier de sérigraphie du 102 (rue d'Alembert/ Grenoble) et livret à l'intérieur dans lequel on retrouve, outre les paroles, des photos et réflexions des membres du groupe et de personnes ayant collaboré au projet. A noter la participation de l'association Taenia Solium, responsable (pour ceux qui ne le savaient pas encore) de plusieurs compilations gratuites et d'un fanzine (le Nanozine). Tout dans cet album découle donc de cette même logique anti-commerciale. J'en viens donc à la musique et c'est maintenant que vous serez juges de mon objectivité.
Je mets plusieurs longues écoutes avant d'apprécier ces trois titres, non pas que le post-hardcore lourd et sombre de Inys ait du mal à passer à travers mes oreilles, mais faute à un son que je juge franchement moyen. Je fais peut-être le difficile mais je ne vais pas vous mentir, un son déplaisant a tendance à me faire froncer les sourcils et lancer le disque dans un coin pour ne plus revenir dessus ; et ici, la batterie est horriblement mixée et le tout manque cruellement de profondeur. Si je tiens à le préciser, c'est que ces trois titres méritent mieux, car les qualités de composition sont bien présentes.
L'ombre et le reflet pose les bases de l'identité de Inys : une structure qui s'étire, un malaise craché désespérément à travers un chant écorché tour à tour dérangeant et touchant. Si j'étais fainéant, je comparerais le style pratiqué à Isis et Cult Of Luna et si j'étais plus pertinent, je déduirais des influences plus proches de Amen-Ra. A travers la lourdeur de ces riffs acharnés viennent s'incruster ci et là quelques arrangements électros : le piano et les ambiances tribales sur L'ombre et le reflet, des éléments indus faisant écho aux Lyonnais d'Overmars sur Emboîte le pas et des violons pour La fissure du trône. On sent que ces trois chansons sont indéniablement les trois dernières batailles qu'ils mèneront (ont menés) pour vider toute leur colère. Sans réinventer quoi que ce soit, ces trois titres d'Inys transpirent de sincérité, et par les temps qui courent, c'est déjà un grand gage de qualité.
Genre :
Post-hardcore sombre et glacial
Année sortie :
2009
Label :
Taenia Solium
Tracklsit :
01 L'ombre et le reflet
02 Emboîte le pas
03 La fissure du trône
Liens :
Inys
Taenia Solium
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